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24 septembre 2026
La « fiche territoire »
Un nouvel outil de l’Assurance Maladie au service des élus

Deux webinaires organisés par la CPAM des Yvelines — 3 et 12 novembre 2026

Ce qu’est la fiche territoire

● Un outil national de l’Assurance Maladie qui rassemble et met en forme les données de santé essentielles d’un territoire.
● Il en propose une lecture claire et comparative autour de trois entrées : les caractéristiques de la population, l’offre de soins disponible et les principaux indicateurs de prévention.
● Il s’agit d’un véritable observatoire comparatif du territoire en santé, mobilisable à plusieurs échelles : le département, l’intercommunalité, la commune, les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ....

Pourquoi maintenant ?

● La démarche s’inscrit dans la stratégie nationale de dialogue avec les élus locaux, impulsée par la Caisse nationale de l’Assurance Maladie.
● Elle prend tout son sens dans le contexte qui suit les élections municipales : de nouveaux élus prennent leurs fonctions et la santé figure parmi leurs préoccupations premières.
● Le constat de départ est le suivant : le rôle des caisses locales d’Assurance Maladie reste insuffisamment identifié par les élus. La démarche vise à y remédier par des contacts directs et proactifs.

Ce que contient la fiche territoire

Trois parties complémentaires

● Un catalogue de données : une quinzaine de planches d’indicateurs sur la population, l’offre de soins et la prévention, déclinables du département à la commune.
● Une analyse territoriale : des tableaux de synthèse qui font ressortir automatiquement les marqueurs saillants du territoire et permettent de les comparer à d’autres.
● Des illustrations concrètes : des exemples d’actions déjà menées localement, pour passer du constat à l’action.

Et demain ?

● Deux thématiques nouvelles seront intégrées, en réponse aux préoccupations exprimées par les élus : la santé mentale et la santé environnementale .
● Des travaux sont également en cours pour descendre à une échelle infra-communale.

Les deux rendez-vous dans les Yvelines

Pour faire connaître ces outils aux élus du département, la CPAM des Yvelines organise deux webinaires :
● Mardi 3 novembre 2026 — présentation de l’Observatoire de la santé : une analyse annuelle des grandes tendances de santé dans les Yvelines, accompagnée d’une lecture et d’une mise en perspective des principaux indicateurs.
● Jeudi 12 novembre 2026 — présentation de la « fiche territoire » : un outil d’aide à la décision, offrant une vision plus précise et détaillée des données de santé à l’échelle de votre commune, EPCI ou de votre contrat local de santé, pour identifier les actions à mener et vous aider à construire vos projets.

FAQ

Peut-on connaître la situation précise de ma commune ?

Oui, les données sont disponibles à l’échelle communale.

S’agit-il d’un classement des communes ?

Non. L’outil permet la comparaison pour mettre en perspective, pas pour classer ni évaluer. Sa finalité est de faire émerger des priorités d’action partagées.

Qu’est-ce que cela change concrètement pour les habitants ?

Mieux identifier les fragilités d’un territoire, c’est pouvoir y adapter les actions de prévention et d’accès aux soins : dépistages, accompagnement des publics fragiles, soutien à l’installation de professionnels de santé.

Avec la CPAM78, prendre soin de nos concitoyens

La santé compte au nombre des priorités et se place même en tête des préoccupations de nombre d’Yvelinois. Désertification médicale, vieillissement de la population, inégalités territoriales…Les défis sanitaires sont nombreux et complexes et, pour y faire face, aux côtés des élus, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie des Yvelines (CPAM 78) a développé une offre de services ad hoc comme nous l’expliquent Cécile Alomar, directrice de la CPAM 78, Fanny Richard, directrice de l’Intervention Sociale et de l’Accès aux Soins directrice adjointe déléguée à la promotion de la santé et au développement territorial, et Hélène Martin-Moussu, directrice de l’accompagnement des professionnels de santé.

Une vision affinée et chiffrée des réalité territoriales

"Souvent, les maires ont une connaissance de l’Assurance Maladie nourrie par des réclamations individuelles, des administrés qui ont un problème d’accès aux soins ou un délai de remboursement", relate Cécile Alomar. "Notre démarche, en l’occurrence, est de faire savoir plus amplement que nous sommes également à leurs côtés pour travailler à la préservation et à l’amélioration de la santé de leurs populations."
Le premier service que la CPAM 78 propose aux élus, c’est la connaissance. Pas seulement la connaissance intuitive que l’on glane au fil des années passées sur un territoire, mais une connaissance fine, chiffrée, territorialisée, fondée sur les données de santé de la population. "Les élus connaissent bien les grandes tendances : le vieillissement de la population, les pathologies chroniques, la désertification médicale, explique Hélène Martin-Moussu, mais ils ne bénéficient pas nécessairement d’une vision affinée de la réalité précise de leurs territoires. C’est là que nous intervenons »
Concrètement, la CPAM 78 est en mesure de réaliser des diagnostics territoriaux à la demande, adaptés à l’échelle communale ou intercommunale. Ces diagnostics croisent plusieurs types de données : l’offre de soins disponible (médecins généralistes, infirmiers, orthophonistes, spécialistes), le profil de la population protégée (âge, pathologies, taux de précarité, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire), mais aussi l’accès effectif aux soins, c’est-à-dire la réalité de la consommation médicale des habitants.

L’échelle pertinente des CPTS

Les données de l’outil l’Observatoire de la Santé développé par le service statistique de la CPAM 78 s’avèrent particulièrement intéressantes pour l’analyse des besoins et de l’offre au niveau des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) ; ces structures qui regroupent les professionnels de santé d’un même bassin de vie. "C’est à cette échelle que les choses se jouent vraiment", souligne Fanny Richard, "La simple strate communale n’est pas toujours pertinente. Les patients bougent, les médecins aussi. Comprendre les flux, c’est comprendre les vrais besoins." Les chiffres réservent parfois des surprises. Ainsi, ils révèlent que, dans les Yvelines, la densité d’infirmiers libéraux est trois fois inférieure à la moyenne nationale, un creux particulièrement préoccupant puisque ce sont eux qui assurent les visites à domicile pour les patients les plus fragiles.

Quant au nombre de patients suivis par un médecin généraliste en tant que médecin traitant, il est globalement, dans notre département, inférieur à la moyenne nationale (qui est d’un peu plus de mille patients par médecin), avec une moyenne de 600 900 patients par médecin traitant. Ce chiffre, cependant, masque des réalités très hétérogènes, les praticiens du Nord des Yvelines suivant généralement plus de patients eux même plus souvent en Affection Longue Durée (ALD).
Un exemple venu des Hauts-de-France illustre le potentiel de ces diagnostics populationnels. Lors d’un rendez-vous entre un maire d’une petite commune et le directeur de la CPAM locale, les données ont révélé qu’un taux très élevé d’enfants de moins de 6 ans n’avait pas consulté de médecin depuis plus de douze mois. Or, le maire venait de supprimer le financement du poste d’infirmière scolaire. Confronté à la réalité des chiffres, il a rétabli ce financement dès l’année suivante. "C’est ça qui est intéressant, résume Fanny Richard. "Ces données permettent de faire bouger les lignes sur des réalités territoriales que les élus ne voient pas forcément spontanément."

Pour une télésanté de qualité et connectée au territoire

Face aux déserts médicaux, deux solutions semblent s’imposer d’emblée : les cabines de téléconsultation et les maisons médicales sont deux outils intéressants à ne pas négliger mais loin d’être des panacées prévient Fanny Richard : "Des maires, pas forcément dans les Yvelines, ont dépensé des fonds importants pour installer des télécabines, pensant vraiment bien faire pour leur population. Mais voilà, ces cabines ne rentrant pas dans les critères requis de conformité et de qualité des soins, elles n’ont pas obtenu les autorisations nécessaires. In fine, c’est de l’argent public gaspillé pour rien et des administrés qui n’ont pas accès à un service de qualité." La télésanté est en réalité protéiforme. Elle recouvre la téléconsultation (un patient consulte un médecin à distance), mais aussi la téléexpertise (un médecin sollicite l’avis d’un spécialiste via une plateforme sécurisée) ou encore la télésurveillance de patients chroniques. Chaque usage répond à des règles précises, et ne peut se substituer totalement aux soins en présentiel. "La télésanté doit s’articuler avec du présentiel, être connectée au territoire et à ses professionnels », insiste Hélène Martin-Moussu. "Un élu qui veut installer une cabine de téléconsultation dans sa commune a tout intérêt à d’abord nous appeler. Nous pouvons l’accompagner pour que le dispositif soit réellement efficace et conforme."

Maisons de santé : un projet de territoire avant d’être un projet immobilier

A l’instar de la télésanté, l’ouverture d’une maison de santé compte au nombre des solutions pertinentes si elle est pensée bien en amont, en association avec tous les acteurs du soin du territoire. « Au risque, sinon, prévient Hélène Martin-Moussu, de bâtir à grands frais une coquille vide. Avant d’être un projet immobilier, il s’agit d’un projet de santé. Il faut savoir quels professionnels de santé seraient intéressés, si on accueille un interne, un docteur junior, si on envisage un assistant médical etc. » En lien étroit avec l’Agence Régionale de Santé (ARS), la caisse accompagne les porteurs de projets dans la définition de leur projet de santé, l’identification des besoins réels du territoire, le montage des dossiers de financement et la mise en lien avec les acteurs locaux.

Soigner son attractivité pour attirer les professionnels de santé

Dans un contexte de tension sur l’offre médicale, les maires des Yvelines disposent de leviers d’action que la CPAM 78 peut aider à identifier et à activer à bon escient.
Le premier de ces leviers, c’est le foncier. "Dans les Yvelines, le coût de l’immobilier est un frein réel à l’installation des professionnels de santé", reconnaît Hélène Martin-Moussu. "Des élus proposent des loyers modérés, financent des agrandissements de locaux, offrent des places en crèche pour les enfants des soignants. Ce sont des politiques qui font la différence."
Des locaux plus spacieux ouvrent par ailleurs la voie à d’autres dispositifs financés par l’Assurance Maladie, comme la présence d’un assistant médical, ou facilitent l’accueil d’un interne ou un docteur junior. L’accueil des professionnels santé encore en formation figure en effet au rang des solutions à développer largement estime la CPAM des Yvelines qui, à cette fin, travaille notamment avec l’Université de Saint-Quentin-en-Yvelines et la Mutualité Sociale Agricole (MSA) à un projet baptisé "Educ Tour". « De quoi s’agit-il ? De journées de sensibilisation à destination des étudiants en santé — toutes professions confondues — pour leur faire connaître les enjeux du territoire yvelinois, la pratique de l’exercice pluriprofessionnel dans les maisons de santé, et les inciter à s’y installer. ", résume Hélène Martin-Moussu.
Quels que soient les leviers actionnés pour attirer des soignants, observe Fanny Richard, les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) restent le cœur de toute politique locale efficace et ajustée de santé publique. Il est à noter que, dans les Yvelines, certaines CPTS se distinguent par leur activité sur la recherche de médecins traitants. Pour les patients en Affection de Longue Durée (ALD) — donc parmi les plus fragiles — qui se retrouvent sans médecin traitant, un formulaire en ligne permet de saisir la CPTS de leur territoire, qui s’efforce de trouver une solution. Un dispositif que les élus peuvent relayer auprès de leurs administrés, au même titre que le Service d’Accès aux Soins (accessible par le 15), qui permet d’obtenir un rendez-vous médical sous 24 à 48 heures pour des soins non programmés avec un médecin du territoire.

Prévention et dépistage : co-construire avec les communes

Au-delà de l’urgence du soin, la CPAM 78 travaille aussi sur le temps long de la prévention. Et là encore, les maires ont une partition à jouer. La caisse dispose de données précises sur les taux de dépistage des cancers à l’échelle communale et peut ainsi co-construire avec les communes des événements de prévention. "On peut organiser une journée de dépistage dans votre commune, à l’occasion de la Journée de la Femme par exemple, en mobilisant nos partenaires associatifs et les professionnels de santé des CPTS locales " illustre Fanny Richard. "Le maire prête les locaux, relaye l’information, et nous amenons les professionnels et le matériel. »

La prévention des risques liés aux écrans chez les jeunes enfants en est un autre exemple concret. À Chambourcy, en lien avec la CPTS de Saint-Germain-en-Laye, des ateliers ont été menés dans les écoles maternelles et primaires, impliquant enfants, parents et enseignants. "Le maire impulse, prête les locaux, met les acteurs autour de la table", souligne Fanny Richard. "Ensuite, les acteurs de la prévention font vivre le projet mais, initialement, c’est le maire qui a créé les conditions de son essor."

CCAS, Mon Espace Santé ; les leviers du quotidien

Les élus locaux sont souvent en première ligne face aux situations de renoncement aux soins. Un administré qui ne va plus chez le médecin faute de médecin traitant disponible, une famille qui n’a pas accès à la complémentaire santé solidaire à laquelle elle a droit, une personne âgée isolée dont personne ne suit le parcours de soins... La CPAM 78 a mis en place des dispositifs pour prendre le relais, mais ils nécessitent que les élus en soient informés et passent relaient eux-mêmes cette information. A cette fin, le premier outil, c’est la convention CCAS-CPAM. La caisse signe des conventions avec les Centres Communaux d’Action Sociale pour permettre aux travailleurs sociaux de signaler les situations de non-recours aux soins. Ces signalements sont ensuite pris en charge par la Mission Cohérence Accompagnement en Santé, qui accompagne la personne pour l’orienter vers le bon parcours. "Les élus et les CCAS n’ont pas à devenir des experts des parcours de soins", rassure Fanny Richard. "Ils ont juste à nous envoyer le signal ; on prend le relais."
Le second outil, c’est Mon Espace Santé, le carnet de santé numérique développé par l’Assurance Maladie. Ordonnances, résultats d’analyses, carnet de vaccination, liste des professionnels du cercle de soins... Tout y est centralisé et suit le patient même s’il change de médecin. Dans les Yvelines, environ 35 % de la population l’utilise, ce qui signifie que 65 % restent à convaincre. Les maires, qui accueillent du public à l’état civil et dans leurs services, peuvent, en l’occurrence, devenir des relais de ce précieux outil qui permet à chacun de participer activement au suivi et à la préservation de sa santé.

Prévenir et guérir

« Sur quantité d’autres sujets, nous avons également tous tout intérêt à renforcer nos liens », estime Cécile Alomar, citant notamment l’anticipation du départ en retraite des médecins. « En moyenne, un médecin du territoire part à 67 ans. Sachant cela, nos délégués vont voir les médecins environ deux ans avant leur départ probable pour recueillir leurs intentions. Mais bien souvent, les élus sont au courant encore plus en amont que nous, les patients leur en parlant dès que l’information commence à circuler dans la commune. Il est bon alors que les maires nous en informent au plus vite, et ce afin que, ensemble qu’ensemble, avec tous les acteurs du de la CPTS, nous puissions rapidement trouver des solutions. Et puis, parce que l’avenir se prépare aujourd’hui, que les maires sachent que nous travaillons en ce moment à non plus seulement photographier l’état de santé d’un territoire mais à aussi anticiper son évolution sur 5 à 10 ans. En effet, en matière de santé publique aussi, mieux vaut prévenir que guérir. Que tous sachent aussi que nos experts se tiennent à leur disposition pour aborder avec eux leurs besoins ; de l’accompagnement à l’installation de professionnels de santé aux actions de prévention, en passant par la création de Maisons de Santé, la télésanté, la lutte contre le non-recours aux soins, les usages du numérique etc. »

— Publié le 24 septembre 2026

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